Bomb : ce blindé canadien a participé aux combats du jour J au jour de la Victoire en Europe

Article / Le 6 juin 2019 / Numéro de projet : 19-0118

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par Shannon Morrow, Affaires publiques de l’Armée

Sherbrooke (Quebec) — Bomb est l’un des rares blindés canadien à avoir entrepris sa carrière sur les plages de France lors du débarquement des forces alliées le jour J (6 juin 1944) et à survivre jusqu’au dernier jour de la guerre, le jour de la Victoire en Europe (8 mai 1945).

Bomb a été fabriqué par General Motors, dans l’usine Fisher Tank Arsenal situé à Flint, au Michigan, et appartenait au 27e Régiment blindé (The Sherbrooke Fusiliers Regiment), composé de deux unités maintenant connues sous le nom de Les Fusiliers de Sherbrooke et The Sherbrooke Hussars.

La grenade or stylisée de l’insigne de coiffure des Fusiliers a servi d’inspiration lors du choix du nom de Bomb.

Le 6 juin 1944, le régiment débarqua en Normandie, en France, en tant qu'élément de la 2e brigade blindée canadienne où il combattit dans le nord-ouest de l'Europe, jusqu'à la fin de la guerre. Le régiment outre-mer fut dissous le 15 février 1946.

De la victoire à la préservation

Le blindé a été récupéré d’un dépôt de ferraille belge et envoyé au Canada après la guerre. Aujourd’hui, Bomb est conservé au manège militaire de la rue William, à Sherbrooke (Québec) qui est le quartier général actuel des Sherbrooke Hussars.  À l’origine, il était exposé au parc du Champ-de-Mars, qui se trouve également à Sherbrooke, avant d’être restauré et installé au manège militaire en 2011.

Dans les faits, le blindé est revenu au pays avant le lieutenant Walter White, de West Gore (Nouvelle-Écosse), l’un des commandants de Bomb, puisque ce dernier était encore en convalescence dans un hôpital d’Europe après la guerre.

Bomb a été affecté à l’Escadron B du The Sherbrooke Fusiliers Regiment. Alors qu’il se préparait pour l’invasion de la France, le régiment a adopté les blindés Sherman, plus récents. Dans l’Escadron B, tous les blindés recevaient un nom qui commençait par la lettre « B », par exemple Barbara ou Bohunk.

Le chef de char de l’équipage original de Bomb était le sergent Harold Futter. Bomb était piloté par le caporal suppléant Rudy Moreault et le cavalier « Red » Fletcher.

Le cavalier A.W. Rudolph jouait le rôle de canonnier et le cavalier J.W. « Tiny » Hall en était le chargeur. Le blindé Sherman était conçu pour être rapide et agile; à cette fin, il était muni d’un blindage mince et d’un canon plus léger que celui utilisé sur les blindés plus anciens. Il pouvait accueillir confortablement un équipage de cinq personnes.

Sillonnant la France et libérant les alliés

Le jour J, le 6 juin 1944, Bomb a débarqué à Juno Beach avec The Sherbrooke Fusiliers Regiment. Peu après son arrivée, le blindé a participé aux combats à Authie et à Buron, deux villages occupés par les Allemands. L’équipage a alors reçu l’ordre d’occuper ces villages.

Les combats se sont intensifiés en Normandie, les unités allemandes de Panzers et de Schutzstaffel essayant de détruire la tête de plage pendant que les alliés tentaient d’en sortir.

Bomb a participé aux combats autour de Caen ainsi qu’aux prises de la crête de Bourguébus et de la ville de Falaise.

Les alliés étant parvenus à réaliser une percée et à s’éloigner des plages, Bomb a parcouru 2 500 kilomètres dans le nord-ouest de l’Europe, contribuant aux efforts de libération jusqu’à la fin de la guerre.

Le chef de char, le Sgt Flutter, et le pilote, le cavalier Red Fletcher, ont été blessés en Normandie par des éclats d’obus.

Aux Pays-Bas, le Lt White a pris le commandement du blindé et a dirigé l’Escadron B de l’intérieur de Bomb.

Qui aurait cru qu’un blindé pouvait flotter?

Après avoir participé aux combats dans la forêt de Hochwald, en Allemagne, le Lt White et son équipage ont pris la direction des rives du Rhin à bord de Bomb.

Sur place, le sol boueux rendait la traversée du fleuve difficile pour les blindés. Les membres de l’équipage ont donc dû improviser : ils ont transformé Bomb en véhicule amphibie. En scellant toutes les ouvertures du blindé et en l’entourant de tuyaux remplis d’air comprimé, ils sont parvenus à le faire flotter et traverser le fleuve, surprenant les Allemands en arrivant par l’arrière.

Quelques semaines plus tard, à Deventer (Pays-Bas), le Lt White a été blessé à la jambe par des éclats d’obus.

Le lieutenant Ernest Mingo, de Tatamagouche (Nouvelle-Écosse), a pris le commandement de Bomb et a poursuivi l’offensive. Aux Pays-Bas, les régiments ont nettoyé les rives du lac Ijsselmeer des unités de l’armée allemande qui s’y trouvaient, poursuivant le nettoyage dans le nord du pays avant de poursuivre leur chemin vers l’Allemagne.

L’équipage est encore à l’œuvre quand la guerre prend fin

Dans les derniers jours de la guerre, l’équipage a repoussé les attaques allemandes jusqu’au moment où, enfin, rendu à la ville frontalière d’Emden, le Lt Mingo a reçu un appel radio : la guerre était finie.

De son entrée en fonction jusqu’au jour de la Victoire en Europe, Bomb a tiré 6 000 obus et a été touché deux fois par les obus ennemis, mais il n’a jamais manqué une seule journée de combat. Bien qu’il ait subi des dommages au cours des combats, toutes les réparations ont été effectuées par l’équipage à bord.

Bomb est l’un des deux seuls blindés canadiens connus à avoir pris part au combat du jour J au jour de la Victoire en Europe et à revenir au Canada. L’autre, The Holy Roller, est exposée au parc Victoria à London, en Ontario, depuis 1956.

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