Hommage à l’héroïsme de la Néo-Écossaise Mona Parsons durant la guerre

Article / Le 22 octobre 2020 / Numéro de projet : 20-0132

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Par Moira Farr, Affaires publiques de l’Armée

Ottawa (Ontario) — Durant le Mois de l’histoire des femmes, nous nous souvenons des réalisations de certaines femmes au cours de la guerre, y compris l’extraordinaire Mona Parsons.

Elle s’est distinguée durant la Deuxième Guerre mondiale comme membre de la résistance néerlandaise contre les nazis, a survécu pendant des années comme prisonnière de guerre en Allemagne et est finalement retournée en Nouvelle-Écosse, ses actes de bravoure étant en grande partie oubliés ou inconnus pendant de nombreuses années après son décès.

Dès son plus jeune âge, Mme Parsons était un esprit indépendant, haut en couleur. Elle a grandi à Wolfville, en Nouvelle-Écosse et était la fille du colonel Norval Parsons, lui-même connu pour son service distingué durant la Première Guerre mondiale à titre de commandant du 85e Bataillon.

Ses aspirations de comédienne l’ont menée à étudier et à enseigner l’art dramatique et à finalement travailler comme girl de music-hall avec la troupe Ziegfeld Follies dans les années 1920. Après la mort de sa mère, elle a décidé d’entreprendre des études en soins infirmiers et a travaillé à New York jusqu’à ce qu’elle rencontre Willem Leonhardt, un riche homme d’affaires néerlandais. Ils se marient en 1937 et s’installent près d’Amsterdam, dans un domaine portant le nom d’Ingleside.

Lors de l’occupation des Pays-Bas par l’Allemagne en 1940, Mme Parsons et son mari ont décidé qu’ils devaient agir pour aider les forces alliées. Ils ont donné refuge à des soldats de l’armée de l’air dans leur vaste demeure isolée et les ont aidés à quitter le pays. Les SS [The Schutzstaffel] ont fini par avoir des soupçons, ils se sont rendus sur place et n’ont pas été dupes de la supercherie, malgré les efforts de Mona visant à les convaincre qu’elle n’était que la femme d’un riche homme d’affaires qui n’avait rien à cacher. Willem et elle ont tous deux été arrêtés et envoyés en prison en 1941. Ils ont été transférés dans différentes prisons allemandes au cours des quatre années suivantes, ne sachant jamais si l’autre conjoint était encore en vie ou non. Ce n’est que peu de temps avant la fin de la guerre en 1945 qu’ils ont été libérés.

Mme Parsons est la seule Canadienne ayant été emprisonnée par les nazis et une des rares trouvées coupables et condamnées par un tribunal allemand aux Pays‑Bas. « Bien des gens se sont demandé comment une femme cultivée, connue dans les cercles sociaux les plus renommés d’Amsterdam, a-t-elle pu devenir une réfugiée crasseuse, souffrant de septicémie et retrouvée pieds nus sur une route près de Vlagtwedde », écrit Andria Hill, auteure de Mona Parsons: From Privilege to Prison, from Nova Scotia to Nazi Europe (Mona Parsons : d’une vie de privilèges à la prison, de la Nouvelle-Écosse à l’Europe nazie). Dans son article publié dans le magazine Canada’s History en 2017, « Remembering Mona Parsons » (Souvenir de Mona Parsons), Mme Hill note que ces années de torture et de privations dans les prisons allemandes ont eu de conséquences terribles sur Mme Parsons, mais elle a fait preuve de courage et de débrouillardise tout au long de cette rude épreuve.

Retrouvant enfin son mari à Ingleside après la guerre, elle a reçu des citations pour sa bravoure du général Eisenhower, commandant des Forces expéditionnaires alliées, et du maréchal en chef de l’Air Tedder, de la Royal Air Force, en raison de ses activités dans la Résistance.

Mme Parsons a pris soin de son mari, dont la santé a été gravement affectée par la captivité, jusqu’à sa mort en 1956. Un an plus tard, elle retourne au Canada, se remarie et se réinstalle dans la maison où elle avait grandi, à Wolfville, jusqu’à son décès en 1976.

Mme Hill relate que lorsque Mme Parsons racontait aux jeunes les récits de sa vie dans les camps de prisonniers allemands, ils avaient tendance à la percevoir comme une charmante vieille dame cultivée et raffinée, mais probablement un peu sénile. Après tout, y avait-il vraiment eu un citoyen canadien — une femme de surcroît — qui avait vécu les rigueurs des camps de prisonniers nazis?”

Cette personne est Mona Parsons, dont la bravoure et la vie remarquables n’ont été comprises à leur juste valeur que bien des années après sa mort. Son histoire fait maintenant partie du programme d’histoire canadien. Une statue, conçue par l’artiste canadien-néerlandais Nistal Prem de Boer et portant l’inscription « The joy is almost too much to bear » (Cette joie est un sentiment presque trop fort à éprouver), a été dévoilée à Wolfville en 2017. Son expérience de la guerre a fait l’objet d’une Minute du patrimoine en 2005.

Pour de plus amples renseignements sur sa vie fascinante, consultez le site suivant : Project44.ca, « Le défi de Mona Parsons »

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