Le 75e anniversaire d’un épisode charnière de notre histoire – le Jour J

Article / Le 6 juin 2019 / Numéro de projet : 19-0166

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Par Brigadier-général M.A.J. Carignan, le commandement de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est)

Montréal, Quebec — Le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale est sans contredit une des opérations militaires majeures du XXe siècle qui a marqué à la fois la communauté internationale, le Canada et ses Forces armées.  Nous avons un devoir moral de nous souvenir, de commémorer et d’honorer nos soldats et nos anciens combattants qui se sont distingués lors de cette opération. 45 000 Canadiens ont perdu la vie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans le cadre de l’opération OVERLORD, plus de 150 000 soldats alliés débarquèrent sur les plages de Normandie, dont environ 14 000 de nos soldats canadiens.

Dans la nuit du 5 au 6 juin, plus de 450 soldats du 1er Bataillon canadien de Parachutistes sont parachutés quelques heures avant le débarquement. Des soldats d’un courage sans égal comme Jan de Vries : blessé par un tireur d’élite en juillet 1944, il retourne au combat en septembre de la même année.  Plus tard dans sa vie, Jan deviendra un membre fondateur du Centre Juno Beach, le musée canadien sur les plages du débarquement en Normandie créé par des vétérans et leurs familles.

Lors du Jour J, les Canadiens se voient confier Juno Beach, un front de mer de 8 kilomètres le long des villages de Courseulles-sur-Mer, Saint-Aubin-sur-Mer, Bernières-sur-Mer et Graye-sur-Mer, situés entre les secteurs GOLD Beach et SWORD Beach. Les Canadiens débarquent dans des conditions rendues périlleuses par la mer agitée, les tirs ennemis et les nombreux obstacles minés recouverts par la marée montante.

Parmi nos anciens combattants qui ont fièrement participé au Débarquement, nous retrouvons Adrien Boivin, de descendance normande : il rejoint le Régiment de la Chaudière, qui a fêté cette année son 150e anniversaire. En octobre 1944, il est capturé par les Allemands.  De retour au Canada après la guerre, il passe par tous les grades de soldat à lieutenant-colonel et commande le Régiment du Saguenay de 1962 à 1967, avant de devenir colonel honoraire de cette unité. Ou encore Louis-Philippe Leblanc, qui débarque aussi avec le Régiment de la Chaudière et qui participe aux combats à Carpiquet et à Caen, avant d’être grièvement blessé par un éclat d’obus le 18 juillet 1944.

Quelque 359 soldats canadiens perdirent la vie lors du Débarquement le 6 juin 1944 et plus de 5 500  périrent dans les deux mois et demi de combat en Normandie. La majorité de ces soldats ayant fait le sacrifice ultime reposent aujourd’hui en paix dans les cimetières de guerre canadiens de Bretteville-sur-Laize et de Bény-sur-Mer. Plus de 13 000 de nos soldats furent blessés en Normandie, atteints de blessures autant physiques que psychologiques.

Soulignons la participation des Autochtones à la Seconde Guerre mondiale ; pas moins de 3 000 Autochtones y ont participé et 17 d’entre eux ont été décorés en reconnaissance d’actes de bravoure. Notons aussi la participation des femmes au conflit : près de 4 500 infirmières servirent au sein des forces militaires du Canada, dont plus des deux tiers à l’étranger. Dorothy Irene Mulholland et Winnifred « Pit » Pitkethly furent parmi les premières femmes à se joindre à l’offensive alliée en Normandie dès le 19 juin 1944 ; elles mirent sur pied un hôpital de campagne afin de soigner les blessés.

Le courage, la détermination et l’abnégation de nos soldats canadiens lors du Débarquement en Normandie sont une source intarissable d’inspiration et de fierté pour nous tous.  Nous rendons hommage à tous les soldats canadiens qui participèrent à cette opération historique qui a contribué à façonner notre histoire.

Le Jour J et la Bataille de la Normandie s’inscrivent dans une lignée de champs de bataille des deux guerres mondiales - Ypres, La Somme, Cambrai, Vimy, Dieppe, Sicile, pour n’en nommer que quelques-uns - dans lesquels le courage, l’héroïsme et l’altruisme de nos soldats a contribué à forger l’identité canadienne et notre culture militaire d’excellence.  Ce précieux héritage que nous ont laissé nos anciens combattants  - souvent au coût de leur vie ou de leur santé -  est l’assise sur laquelle nous continuons à défendre noblement les valeurs de liberté et de démocratie au Canada et à l’étranger.

Souvenons-nous et soyons fiers.

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