Le lieutenant-colonel Krista Bouckaert veut être une inspiration pour les femmes, mais aussi pour les hommes

Article / Le 8 mars 2017 / Numéro de projet : 17-1032

Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

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Oromocto (Nouveau-Brunswick) — L’égalité sans limites : voilà le thème de la Journée internationale des femmes 2017. Ce thème correspond bien à l’expérience personnelle du lieutenant-colonel K.L.A (Krista) Bouckaert à titre de femme leader supérieur au sein de l’Armée canadienne (AC).

« L’égalité sans limites me rappelle avec force à quel point il est important d’utiliser ma position et mon expérience pour inspirer les soldats, les officiers et les jeunes à trouver leur passion dans la vie et à la poursuivre avec fougue, en s’exprimant avec confiance », indique le Lcol Bouckaert.

Celle-ci est devenue la première femme de l’histoire de l’AC à commander un régiment d’artillerie de la Force régulière le 7 juin 2016, lorsqu’elle a pris la tête du 4e Régiment d’artillerie (Appui général), Artillerie royale canadienne (ARC). Elle affirme sans hésitation qu’il s’agit de la plus belle journée de toute sa carrière dans l’Armée jusqu’à maintenant.

Originaire d’Edmonton, en Alberta, elle s’est jointe à la Réserve de l’Armée en 1998 à titre d’officier d’artillerie avec le 18e Régiment d’artillerie antiaérienne, ARC. Après avoir obtenu un baccalauréat en études anglaises de l’Université de Lethbridge en 2000, elle a effectué le transfert vers la Force régulière et a été affectée à la 128e Batterie d’artillerie antiaérienne à Gagetown, au Nouveau-Brunswick.

Elle a pris part à deux déploiements :

  • En 2002, elle a occupé les fonctions d’opérateur de poste de commandant dans le cadre de l’opération GRIZZLY durant le sommet du G8 à Kananaskis, en Alberta;
  • D’octobre 2009 à mai 2010, elle a été conseillère militaire auprès du chef d’état-major adjoint – Plans et projets au Quartier général du Corps de commandement interarmées de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) à Kaboul, en Afghanistan.

Ces déploiements ont été suivis de postes de plus en plus élevés au Canada, y compris une affectation en 2013 auprès de l’État-major interarmées stratégique (EMIS), au Quartier général du Commandement interarmées de la FIAS à Ottawa, à titre de planificatrice pour le Moyen-Orient et de membre de l’équipe de la coalition chargée de la conception et de l’établissement du cadre de l’opération IMPACT.

Le Lcol Bouckaert est récipiendaire de la Décoration des Forces canadiennes; d’une mention élogieuse du Chef d’état-major de la Défense en reconnaissance de son travail comme planificatrice pour le Moyen-Orient avec l’EMIS; et d’une médaille du service méritoire des États-Unis pour avoir mis sur pied et dirigé la première conférence de planification de campagne stratégique multinationale durant son déploiement au Quartier général du Corps de commandement interarmées de la FIAS en Afghanistan.

Elle a obtenu sa maîtrise en études de la défense du Collège militaire royale du Canada après avoir suivi le Programme de commandement et d’état-major interarmées du Collège des Forces canadiennes à Toronto en 2012-2013, et d’autres programmes de formation.

« Je n’ai jamais laissé ma petite taille déterminer les limites de mon succès. »

« J’ai joint l’Escadron des cadets de l’Air 42 avec ma meilleure amie durant mon secondaire, en 1992. J’ai adoré –  la discipline, les exercices, les vols en planeur, la possibilité d’aller en camp d’été », explique le Lcol Bouckaert.

Puis, son jeune frère s’est joint à la Réserve à 16 ans, alors qu’elle était à l’université. Lorsqu’il lui a parlé de ce qu’il apprenait et des possibilités offertes, elle s’est dit qu’elle pourrait absolument faire ça elle aussi, et le faire encore mieux que son frère!

« Je me suis donc enrôlée dans la Première réserve en 1998 comme officier d’artillerie au sein du 18e Régiment d’artillerie antiaérienne, ARC, où j’ai servi comme commandant de troupe jusqu’à l’obtention de mon diplôme universitaire. »

Elle se souvient encore très bien de sa rencontre avec l’imposant recruteur lors d’un salon de l’emploi à son université, qui lui avait dit : « Je ne voudrais pas vous vexer, madame, mais vous ne pensez pas que vous êtes… un peu trop petite? »

« Ma mère m’a appris à ne jamais laisser ma petite taille déterminer les limites de mon succès. J’ai donc simplement souri et je lui ai répondu "Absolument pas!". »

Elle se rappelle également son tout premier jour à titre de commandant de troupe au Régiment en avril 2001. Alors qu’elle montait les escaliers dans le secteur de sa batterie, des gens l’ont prise pour la fille du commandant de batterie.

« C’est surréaliste de monter ces mêmes escaliers à titre de commandant du Régiment aujourd’hui. »

« Je ne pourrais pas être plus honorée ni plus fière d’être à sa tête, pour contribuer à habiliter les opérations de l’Armée canadienne », poursuit-elle.

Une inspiration pour les jeunes femmes, mais aussi pour les jeunes hommes

« En tant que femme qui dirige des hommes et des femmes dans un environnement majoritairement masculin, je crois que j’ai un rôle critique à jouer et que je dois tirer parti de ma position pour inspirer les jeunes femmes, de même que les jeunes hommes, pour qu’ils travaillent efficacement ensemble. »

« J’ai une belle-fille de 14 ans, et j’estime qu’il est important pour les jeunes filles d’âge scolaire de voir des femmes dans des professions comme la mienne, et qu’il faut les encourager à avoir confiance en elles, à trouver leur voix et à la faire entendre courageusement. »

Un avenir prometteur dans la haute direction militaire pour les femmes

« De plus en plus de femmes occupent des postes de leadership supérieur dans les Forces armées canadiennes (FAC). Même si je sens parfois une certaine impatience de la part des médias, qui souhaiteraient voir encore plus de femmes dans la haute direction, plus rapidement, je crois fermement qu’il faut du temps et de l’expérience pour gravir les échelons. Le respect, la crédibilité opérationnelle et l’excellence professionnelle sont essentiels à la réussite dans des fonctions de commandement », soutient le Lcol Bouckaert.

« Le brigadier-général Jennie Carignan a été la toute première femme à commander un régiment des armes de combat dans la Force régulière – un régiment du génie de combat dans son cas. Elle a excellé tant au pays qu’en déploiement, en Afghanistan », souligne-t-elle.

« Je suis donc la deuxième femme à commander une unité des armes de combat de la Force régulière, et la première à la tête d’un régiment d’artillerie régulier. Je dois toutefois souligner que la présence de femmes dans des postes de commandement deviendra bientôt la norme au sein de l’ARC. Certaines femmes officiers de l’artillerie connaissent de brillantes carrières et sont pressenties pour occuper des fonctions de commandement dans un avenir rapproché. À mon point de vue, l’artillerie est très progressiste et prend les devants en matière de diversité dans une profession à prédominance masculine. »

« Je crois qu’il est aussi important de reconnaître les véritables pionnières qui nous ont pavé la voie et permis d’atteindre des postes de commandement au niveau de l’unité : le lieutenant-général Christine Whitecross, le contre-amiral Jennifer Bennett et le brigadier-général Carignan, entre autres. »

« Je me considère extrêmement chanceuse d’avoir de remarquables modèles à suivre, et de pouvoir compter sur le soutien professionnel et personnel de collègues incroyablement talentueux, hommes et femmes. »

Les femmes dans les armes de combat

« Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour faire partie des armes de combat; beaucoup d’hommes ne sont pas capables de faire ce travail. Durant mon instruction initiale, les échecs chez les femmes étaient beaucoup plus remarqués parce que nous étions tellement peu nombreuses. Mais personne ne commentait sur le nombre très élevé d’hommes qui échouaient aussi. »

« Je me considère extrêmement chanceuse d’avoir travaillé avec un groupe d’hommes qui – même dans les premiers jours – m’ont graduellement acceptée comme l’une des leurs. »

« C’est peut-être parce que j’ai grandi sur une ferme et que je n’ai jamais eu peur de travailler dur, ou encore parce mes collègues masculins ont été entourés ou élevés par des femmes incroyablement talentueuses qui sont sorties du moule traditionnel et ont connu de grandes carrières comme ingénieure, policière, pompière, politicienne, avocate ou femme d’affaires. »

« Peu importe la raison, je suis honorée de servir auprès d’hommes et de femmes remarquables qui se réjouissent de mon succès et qui sont là pour m’encourager dans les périodes plus difficiles. »

« J’espère qu’on me jugera en fonction de mes compétences en tant que commandant d’unité, et non en fonction de mes compétences en tant que femme commandant d’unité. Je suis d’avis que le respect, ça s’entretient, peu importe le sexe. »

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