Le parcours du sergent Amelia Chia vers une carrière enrichissante dans la Réserve de l’Armée

Article / Le 17 mai 2019 / Numéro de projet : 19-0020

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Par Jeremiah Hemens, Affaires publiques de l’Armée

Le Mois du patrimoine asiatique est célébré en mai au Canada. Il s’agit d’une occasion de souligner les contributions des Canadiens d’origine asiatique à la croissance et à la prospérité du Canada.

Vancouver (Colombie-Britannique) — En participant au programme Soldat d’un jour, le sergent Amelia Chia a découvert toute la diversité existant dans les Forces armées canadiennes (FAC), ce qui l’a convaincue de devenir une fière membre de l’organisation.

Premières années et patrimoine

Le Sgt Chia est née à Singapour en 1987. Cette fière Canadienne d’origine chinoise enseigne à l’école primaire publique Riverdale à Surrey, en Colombie-Britannique. Elle est également membre de la Réserve de l’Armée depuis 14 ans, travaillant à temps partiel comme technicienne en approvisionnement au 39e Régiment des transmissions, en plus d’étudier pour obtenir une maîtrise en éducation.

« J’ai choisi l’approvisionnement lorsque j’avais 17 ans. Je savais que je voulais devenir enseignante et j’ai intentionnellement choisi un domaine qui me permettrait d’être transférée d’un élément à l’autre, un groupe professionnel militaire commun à toutes les armées. Ainsi, je pourrais déménager n’importe où et poursuivre mes deux carrières. Je me suis dit que la logistique dans le monde civil pourrait être mon plan B si l’enseignement ne fonctionnait pas », explique-t-elle

Elle affirme avoir beaucoup appris en allant à l’école chinoise le samedi lorsqu’elle était enfant. « Mes parents ne sont pas tellement traditionnels. Ils nous ont élevés davantage selon la culture de l’église que la culture chinoise. Nous avions l’habitude de célébrer certaines fêtes chinoises, mais pas au même niveau que notre famille à Singapour et en Malaisie. »

Ses parents, sa petite soeur et elle ont immigré à Vancouver, en Colombie-Britannique, en avril 1991. Elle se rappelle avec émotion le jour où toute sa famille a obtenu sa citoyenneté canadienne.

En ce qui concerne son patrimoine au travail, le Sgt Chia indique faire partie d’un régiment où la représentant sino-canadienne est déjà forte. « J’ai l’impression que mon patrimoine est une norme collective dans mon expérience quotidienne au sein de l’Armée. J’observe une diversité croissante au sein des FAC, ce qui fait partie d’un parcours de résilience et de force. »

Des Cadets de l’Armée à la Réserve de l’Armée

Le Sgt Chia a vécu une expérience positive au sein des Cadets de l’Armée, mais elle ne pensait pas que le régiment de réserve affilié lui conviendrait, compte tenu de ses intérêts et de ses capacités. Toutefois, lorsque son conseiller en orientation à l’école secondaire Eric Hamber lui a parlé du programme Soldat d’un jour, l’idée qu’elle avait de l’organisation militaire a complètement changé.

(Le programme Soldat d’un jour est offert par différents régiments à divers moments de l’année, partout au Canada. Pour obtenir plus d’information, communiquez avec votre bureau de recrutement.)

Le programme qu’elle a suivi était donné par le 744e Régiment des communications, qui est aujourd’hui le 39e Régiment des transmissions.

Élève de 11e année âgée de 17 ans à l’époque, le Sgt Chia a eu l’occasion de vivre une expérience de travail d’une fin de semaine au Camp Albert Head, une installation d’instruction parfois utilisée par les Cadets et rattachée à la Base des Forces canadiennes Esquimalt, en Colombie-Britannique.

« C’est là que j’ai constaté toute la diversité des gens, que j’ai pu en apprendre sur les différents groupes professionnels militaires, que j’ai vu des femmes en uniforme et que j’ai rencontré des militaires ouvertement gais et lesbiennes. Être témoin de la saine dynamique professionnelle de tous ces gens m’a donné le sentiment qu’il y avait une place pour moi ici. Je me sentais en sécurité et libre d’être moi-même », explique le Sgt Chia.

Cette expérience l’a amenée à faire partie des Cadets et de la Réserve de l’Armée jusqu’à ses 19 ans, âge de sortie obligatoire des Cadets.

Les nombreux avantages de se joindre à la Réserve de l’Armée

Le programme de remboursement des frais d’études pour la Première réserve et l’aide financière pour les études postsecondaires ont été deux importants facteurs qui ont encouragé le Sgt Chia à se joindre à la Réserve de l’Armée.

Non seulement a-t-elle pu bénéficier de cette aide pour rembourser une partie de ses frais de scolarité antérieurs, mais elle également utilisé le salaire stable provenant de son instruction d’été pour payer les frais de son semestre d’automne. Elle a continué de travailler à temps partiel au sein de son régiment durant l’année scolaire, ce qui lui a permis d’être en bonne santé financière et de se payer quelques luxes, comme du thé aux perles, des sushis et de l’essence.

Faire partie de la Réserve de l’Armée a également été bénéfique pour sa carrière professionnelle. L’ajout de cette expérience à son curriculum vitæ a été un atout extrêmement avantageux qui la distinguait de ses pairs. Elle souligne que c’est d’ailleurs ce qui l’a aidée à obtenir une entrevue, qui a mené à une offre d’emploi pour son premier poste d’enseignante.

Un déploiement en Afghanistan qui permet de mettre les futurs facteurs de stress en perspective

Le Sgt Chia a pris part à un déploiement de six mois avec la Force opérationnelle Kandahar 1-11, Force opérationnelle de transition de la mission, à l’aérodrome de Kandahar (KAF) en Afghanistan. En tant que gestionnaire des biens d’un magasin des transmissions, elle était responsable du rapatriement de l’équipement de communication au Canada ou à Kaboul, selon les besoins.

En plus d’effectuer des journées de travail exigeantes, elle devait faire face aux dangers d’une zone de guerre. Elle se rappelle les nombreuses occasions où elle a dû se réfugier dans un abri fortifié parce que le KAF était régulièrement la cible de roquettes.

Un jour, « un kamikaze a même tenté de pénétrer dans le KAF avec son camion à clochettes. Il n’a pas réussi, mais il doit avoir paniqué et s’est fait exploser tout juste à l’extérieur de l’entrée principale. »

(Un « camion à clochettes » est un terme du jargon militaire qui désigne un véhicule lourdement orné de chaînes ou d'autres objets suspendus au pare-chocs avant, ce qui crée un tintement métallique.)

Le Sgt Chia est reconnaissante d’avoir pu vivre les défis d’un déploiement. « Ce déploiement m’a non seulement aidée à payer mon baccalauréat en éducation, mais il m’a aussi préparée mentalement et émotionnellement à le réussir. Il m’a permis de mettre les futurs facteurs de stress en perspective. J’ai trouvé un sens à mon expérience en Afghanistan. »

« Mes études de baccalauréat en éducation m’ont apporté un niveau d’adrénaline et un sens du devoir semblables à ce que j’avais vécu en déploiement, ce qui m’a manqué durant les huit mois entre les deux. Pendant cette période d’accalmie, je suis passée par une dépression assez intense. C’était donc important pour moi d’affronter ce nouveau défi avec un grand sentiment d’accomplissement et de me remettre sur pied », souligne-t-elle.

Un solide code moral : une source de satisfaction découlant de sa carrière militaire

Les sources de satisfaction découlant de la carrière militaire du Sgt Chia sont nombreuses : son cercle d’amis, la chance d’être payée pour voyager et vivre des aventures, les cours qu’elle a suivis et donnés au fil des ans, de même que la possibilité de conduire des véhicules et d’utiliser des armes qui ne sont pas accessibles dans le monde civil.

De son expérience avec la Réserve, elle affirme : « Je réalise qu’être membre de la Réserve de l’Armée m’a amenée à faire d’importants sacrifices, mais cette organisation fait partie de mon identité et m’a accompagnée jusqu’à l’âge adulte. Elle a inévitablement façonné le système de valeurs et le code moral que j’utilise aujourd’hui. »

« L’Armée m’expose aux défis particuliers du monde réel, ce qui me permet de remettre en perspective les difficultés que je rencontre dans ma vie. Ces expériences m’ont fait comprendre ce qu’est la résilience. J’aspire toujours au dépassement de soi, et l’Armée me donne des objectifs pour me dépasser. »

Trouver son équilibre professionnel, ou grimper deux échelles de corde à la fois

Le Sgt Chia doit maintenant composer avec le défi d’équilibrer les charges de travail de ses carrières de réserviste à temps partiel et d’enseignante au primaire, qui nécessitent toutes deux de la formation continue, du perfectionnement professionnel, de l’entraînement et des exercices.

« Essayer d’atteindre cet équilibre, c’est un peu comme essayer de grimper deux échelles de corde à la fois. Il est difficile d’avoir beaucoup de succès en s’attaquant aux deux en même temps. Selon mon expérience, je réussis le mieux lorsque je me concentre sur un ensemble d’objectifs à la fois. Je travaille à l’atteinte des objectifs d’une carrière, puis je passe à ceux de mon autre carrière ensuite. Il faut faire des sacrifices des deux côtés pour pouvoir réussir », explique-t-elle.

Récemment, toutefois, elle a découvert avec enthousiasme qu’il était possible de joindre ces deux échelles.

Contribution à la santé et au mieux-être des membres de la 3e Division du Canada

Le Sgt Chia fait partie du comité directeur sur la préparation, la résilience et la croissance (PRC) de la 3e Division du Canada (3 Div CA), un groupe composé de fournisseurs de service de mieux-être et de représentants d’unité de la division. Ce comité a été mis sur pied pour appuyer les efforts de la 3 Div CA dans le cadre de la stratégie globale des FAC en matière de santé et de mieux-être. En tant que membre du comité, le Sgt Chia a été invitée à contribuer à l’élaboration d’un volet de formation intégrée sur la croissance et la résilience.

Au cours de la dernière année, l’équipe de PRC de la 3 Div CA a mis sur pied un programme de formation intégrée sur la croissance et la résilience pour les membres de la division. Un cours pilote de 5 jours a été donné en février 2019. Dans le cadre de cette initiative, on reconnaît la nécessité d’adopter une approche intégrée englobant tous les domaines du mieux-être (physique, émotionnel, familial, social, spirituel, intellectuel) pour favoriser un environnement et des résultats axés sur la résilience pour les soldats.

Programme de préparation, résilience et croissance, combiné à une maîtrise en éducation 

« Dans ma thèse de maîtrise et ma pratique professionnelle, je reconnais les théories et les recherches qui portent sur une vision écologique du soi et le besoin d’un modèle intégré pour représenter les réseaux qui nous lient », souligne-t-elle.

« Lorsque j’ai pris connaissance de la vision de l’équipe de PRC de la 3 Div CA, j’ai tout de suite su que je voulais en faire partie. Je ne m’attendais pas à une telle convergence entre ma carrière militaire et le sujet de ma maîtrise en éducation, soit l’éducation écologique, mais il s’agit d’une confluence extraordinaire. »

« Il ne me reste plus qu’à faire un peu de macramé pour joindre mes deux échelles de corde. »

Prochaines étapes pour cette militaire d’une grande polyvalence

Après avoir obtenu sa maîtrise, le Sgt Chia envisage de prendre part à un autre déploiement opérationnel. Au cours des cinq prochaines années, elle espère aussi poursuivre les travaux du comité directeur sur la PRC.

Elle continuera de se fixer des objectifs personnels comme ceux-ci, et il ne fait aucun doute qu’elle continuera aussi de les atteindre.

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