Le soldat Frederick Lee : l’un des premiers soldats canadiens d’origine chinoise tombés au combat

Article / Le 28 mai 2019 / Numéro de projet : 19-0019

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Par Jeremiah Hemens, Affaires publiques de l’Armée

Au Canada, le mois de mai est le Mois du patrimoine asiatique, c’est-à-dire l’occasion de réfléchir à l’apport, passé et actuel, des Canadiens d’origine asiatique à la croissance et à la prospérité du Canada ainsi que de célébrer cet apport.

Ottawa (Ontario) – Pendant une époque peu inclusive, le soldat Frederick Lee a surmonté la discrimination pour devenir l’un des premiers Canadiens d’origine chinoise à combattre durant la Première Guerre mondiale et, malheureusement, peut-être le tout premier Canadien d’origine chinoise tombé au champ d’honneur.   

Le Sdt Lee est né à Kamloops, en Colombie-Britannique, en 1895. Selon nos dossiers, sa mère vivait dans la province chinoise de Canton et le seul membre de sa famille qui se trouvait au Canada était son frère, Thomas, qui habitait également à Kamloops.

Même s’il est né et a grandi au Canada, le Sdt Lee a fait l’objet des pratiques discriminatoires de l’époque, simplement en raison de son origine chinoise. Les Canadiens d’origine chinoise de son époque, les hommes comme les femmes, étaient confrontés à de nombreux obstacles. Ils n’étaient pas reconnus comme citoyens canadiens, ne pouvaient pas voter, n’avaient pas le droit d’exercer certaines professions et se voyaient refuser, à maintes reprises, leurs tentatives courageuses visant à se porter volontaires pour le service militaire.

Même si les Canadiens d’origine chinoise étaient confrontés à ces défis, ils ont fait preuve de persévérance, de courage et de dévouement envers le Canada. Tout compte fait, moins de 300 Canadiens d’origine chinoise ont été autorisés à se porter volontaires pour risquer leur vie lors de la Première Guerre mondiale. Le Sdt Lee était l’un de ces volontaires.

Le Sdt Lee a démontré sa détermination à combattre pour la paix et la liberté lorsqu’il a quitté son emploi dans le domaine de l’agriculture à l’âge de 20 ans pour s’enrôler dans le 172e Bataillon (Rocky Mountain) le 13 mars 1916, à Kamloops.

Il est parti pour l’Europe en octobre de la même année et, à son arrivée, le 172e Bataillon a été intégré au 27e Bataillon de la Réserve. Le 2 février 1917, le Sdt Lee a été affecté au 47e Bataillon et envoyé en France.

Le Sdt Lee faisait partie de l’infanterie canadienne, qui formait la force de frappe principale du corps canadien et était composée de volontaires de tous les milieux et origines.

Le Sdt Lee a participé à l’une des batailles les plus célèbres du Canada : la bataille de la crête de Vimy.

La bataille de la crête de Vimy représentait une victoire importante, et le Canada y a joué un rôle essentiel. Le 9 avril 1917, le dimanche de Pâques, 97 814 Canadiens ont tenté de capturer la crête de Vimy, une tâche extrêmement difficile nécessitant un excellent leadership et un énorme sacrifice.

Six jours plus tard, le 14 avril 1917, le corps canadien, de concert avec le corps britannique, a été en mesure de capturer la crête de Vimy, mais ce n’était pas sans sacrifice.

Un total de 10 602 Canadiens ont été blessés, y compris 3598 décès.

Après avoir survécu à la bataille de la crête de Vimy, le Sdt Lee a continué de servir son pays jusqu’à ce qu’il soit tué au combat le 21 août 1917 lors de la bataille de la cote 70, soit une importante bataille qui n’est pas aussi bien connue que d’autres batailles de la Première Guerre mondiale, tout comme l’histoire remarquable du Sdt Lee.

Bien qu’elle soit souvent oubliée, la bataille de la cote 70 constitue l’une des plus importantes victoires du Canada. Sir Arthur Currie, qui est devenu commandant du corps canadien au complet après la victoire de la crête de Vimy, a décrit la bataille de la cote 70 comme « …la bataille la plus difficile à laquelle le corps a participé. C’était une victoire remarquable ».

L’histoire du Sdt Lee, ainsi que l’histoire de la bataille de la cote 70, sont maintenant mieux connues en raison du travail acharné d’un groupe de bénévoles du projet commémoratif de la cote 70 : Jack Gin, Susan Everett, Sarah Murray, le colonel Mark Hutchings et Robert Baxter.

Grâce aux efforts de ce groupe, l’histoire du Sdt Lee a reçu la reconnaissance qu’elle mérite, et leur travail a aidé à établir le parc commémoratif de la bataille de la cote 70 à Loos‑en‑Gohelle, en France. Le parc a ouvert officiellement le 22 août 2017, 100 ans après la bataille.

Selon le site Web du projet commémoratif de la cote 70, une nouvelle allée piétonnière sera ajoutée au parc commémoratif de la bataille de la cote 70. Elle sera nommée en l’honneur du soldat Frederick Lee, grâce au soutien très généreux de Robert H.N. Ho, de l’ancienne sénatrice Vivienne Poy, la première Canadienne d’origine chinoise à siéger au Sénat, et du Dr Sylvester Chuang.

D’autres éléments importants liés à cette initiative ont été rendus possibles grâce au soutien reçu de Jack Gin, The Lam Foundation, de Richard Wong et du Dr Chan Gunn. Le monument commémoratif et l’allée Frederick Lee permettront de rendre hommage à ceux qui ont combattu et qui sont décédés lors de la bataille de la cote 70. Ils seront également un symbole des contributions des Canadiens d’origine chinoise pendant la Grande Guerre.

On s’attend à ce que l’allée piétonnière soit terminée d’ici l’automne 2019. Elle est importante, car, selon les membres de l’équipe du projet commémoratif de la bataille de la cote 70, le Sdt Lee s’est porté volontaire avant la conscription malgré le racisme qui existait à l’époque. Ils comptent rechercher les descendants du Sdt Lee pour découvrir la bravoure et les sacrifices de ses ancêtres.

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