Les dirigeants militaires doivent écouter pour promouvoir l’innovation : brigadier-général Jennie Carignan

Article / Le 1 mars 2018 / Numéro de projet : 18-0076

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Par Steven Fouchard, affaires publiques de l'Armée

Ottawa, en Ontario — Le chef d’état-major Opérations de l’Armée canadienne (AC), le brigadier-général M.A.J. (Jennie) Carignan, dit que les officiers supérieurs doivent toujours être ouverts aux idées des subordonnés pour s’assurer que l’organisation est aussi novatrice que possible.

Le Bgén Carignan nous a offert cette perspective et d’autres perspectives pendant son discours d’ouverture à la conférence sur l’Innovation Methodologies for Defence Challenges (méthodologies d’innovation pour les défis en matière de défense), qui avait lieu à Ottawa, du 30 janvier au 1er février.

Présentant un large éventail de conférenciers des cercles militaires et universitaires, l’évènement était organisé par le Centre des études sur la sécurité nationale (qui fait partie du CFC), le Collège militaire royal Saint-Jean   et le Centre d’études en politiques internationales de l’Université d’Ottawa.

Les soldats, dit le Bgén Carignan, sont naturellement moins portés à questionner ou critiquer les ordres afin de réaliser les tâches attribuées en temps opportun, mais cette approche « limite nos connaissances, et plus nous agissons, moins nous en savons. »

Les grades supérieurs sont souvent perçus comme la source principale de connaissance et les nouvelles idées peuvent être rejetées lorsqu’elles viennent d’un grade inférieur, ajoute-elle.

« J’aimerais vous rappeler que Charles Darwin avait 22 ans lorsqu’il a élaboré la théorie de l’évolution. Rappelons-nous que les idées ne viennent pas nécessairement de l’âge et de l’expérience. Nous devons permettre un certain niveau de dissidence et de questionnement des hypothèses, et nous ne devons pas nous sentir menacés par nos brillants subordonnés. »

Tout en tenant compte que le champ de bataille n’est pas toujours la place pour tenir de telles discussions, le Bgén Carignan presse les dirigeants à trouver du temps pour les tenir.

« Si vous acceptez, vous permettez un certain degré de questionnement, puis vous vous trouvez dans un mode où les idées des gens sont respectées. Ça ne veut pas dire que tout va bien. Ça ne signifie pas que vous êtes paralysé et que rien ne va de l’avant parce que vous écoutez les idées de tout le monde. Nous ne sommes pas toujours en situation de crise. En garnison, il y a du temps pour avoir ces discussions. »

Le Bgén Carignan s’est jointe à l’AC en 1986 et devient membre du génie militaire canadien en 1990.

« Je suis votre ingénieur typique. Je suis très attirée vers la science parce qu’elle me donne des réponses, » dit-elle.

Malgré cette certitude, explique-t-elle, bon nombre de ses tâches de planification et de ses tâches tactiques représentaient un défi de taille et elle était souvent déçue des résultats. Pour trouver des réponses à ses questions, le Bgén Carignan a commencé des études universitaires   après 10 ans de carrière.

Ces études comprennent des sciences humaines comme l’histoire et la philosophie, ce qui lui apportait un nouveau point de vue. Cela, dit-elle, « a libéré mon esprit » et « abattu des murs » qu’elle avait battis dans son esprit, lui permettant de voir l’AC davantage sur le plan des personnes que sur la structure organisationnelle.

« Les structures sont le fruit de notre imagination. L’Armée n’existe pas. Seuls les humains au sein de l’Armée existent. Lorsque nous reconstruisons ces structures, nous ne nous concentrons pas sur les humains. Dans un cycle, on centralise, décentralise puis recentralise. »

« La structure est toujours la clé de l’organisation de grands organismes avec des objectifs communs comme une armée, » ajoute le Bgén Carignan, « mais nous devons penser différemment et nous devons comprendre les limites. »

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