Monter la garde pour sa famille et son pays : un papa bombardier atteint l’équilibre dans sa vie

Article / Le 17 juin 2018 / Numéro de projet : 18-0232

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Par Lynn Capuano, affaires publiques de l'Armée

Gagetown (Nouveau-Brunswick) — Lorsque bébé Lincoln est né le 2 janvier 2018 dans un état fragile, son solide père militaire, un ancien combattant dans nombreuses situations dangereuses d’instruction militaire, a vécu un tout autre type de danger à un niveau très personnel.

« Lorsque Lincoln est né, il ne respirait pas et ne pleurait pas. Ce fut une situation très émotive pour ma femme et moi, » explique le bombardier Chris Reese, actuellement commandant adjoint de l’entrepôt du quartier-maître régimentaire (QMR) à l’École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne (EARC) à Gagetown, au Nouveau-Brunswick.

« Les infirmières nous ont expliqué qu’à sa première respiration, Lincoln a inhalé du méconium, une épaisse substance noire qui se trouve dans le côlon du bébé et qui peut se retrouver dans le liquide amniotique. Lincoln en a inhalé en sortant, et les infirmières ont dû aspirer ses voies respiratoires. Le méconium a irrité et enflammé ses poumons, » explique le Bdr Reese.

Après trois jours difficiles d’incertitude, sa femme et lui ont finalement pu tenir le nouveau venu pour la première fois. Il faudra 17 jours avant qu’il puisse être déposé en sécurité dans son propre berceau à la maison, accueilli par son grand frère, 15 ans, et famille élargie.

Lincoln est maintenant épanoui et Shane est un grand frère bien fier

« Aujourd'hui, Lincoln va bien et il est un bébé heureux grâce au personnel de l’hôpital, » dit-il. Lincoln est né à l’Hôpital régional Dr. Everett Chalmers à Fredericton (Nouveau-Brunswick), pesant 7 livres et 3/4.

« Shane a été très réceptif à la naissance de Lincoln. Il est heureux et excité d’avoir un petit frère, » ajoute le Bdr Reese avec fierté. « Shane aide beaucoup quand c’est pour Lincoln, il joue avec lui, aide à le nourrir de temps en temps, et il a même changé une couche. Shane fait toujours rire Lincoln. »

La famille de l’Armée canadienne très solidaire pendant la rude épreuve

Sa famille militaire de l’EARC était également présente pour eux.

« Mon unité s’est montrée très compréhensive à l’égard de ma situation. Je n’ai eu aucun problème à obtenir le soutien dont j’avais besoin pour prendre soin de ma famille, » explique le Bdr Reese.

Toutefois, pendant ce moment épuisant, il est devenu évident que l’univers imprévisible n’avait pas fini avec eux.

« Ma femme a eu son congé après six jours, mais nous nous rendions tous les jours à l’hôpital et passions la journée avec Lincoln jusqu’à ce qu’il rentre à la maison, » se souvient-il.

« La journée après que Nicole ait reçu son congé, nous revenions de l’hôpital et nous avons eu un accident de voiture. Heureusement, personne n’a été blessé, mais ça n’a certainement pas aidé à l’état émotionnel de personne à ce point, » dit le Bdr Reese.

Forger une famille militaire résiliente

Le Bdr Reese a rencontré Nicole MacInnis lorsqu’ils travaillaient ensemble à son dernier emploi civil à Apple Valley Foods à Kentville (Nouvelle-Écosse) et ils sont ensemble depuis 10 ans. Il a accueilli le jeune Shane dans l’union. « Shane avait seulement quatre ans lorsque je suis entré dans sa vie, » ajoute-t-il.

La vie militaire demande de la résilience et la souplesse est devenue une seconde nature pour le jeune.

« Bien que nous n’avons pas eu à voyager de base en base, Shane a dû changer d’école plusieurs fois et il a été extraordinaire pour comprendre la situation. »

Le changement d’école est une chose, mais les absences prolongées et fréquentes du Bdr Reese pour le travail en étaient une autre. Il a travaillé de longues heures pour distribuer des rations aux troupes en campagne, avec la journée de travail qui commence à 3 h et qui se poursuit jusqu’à environ 21 h.

« Je n’ai pas été déployé au Canada ou outre-mer. Cependant, j’ai passé un nombre incalculable d’heures dans le secteur d’entraînement, en soutien à des cours, loin de ma famille. Quoi qu’il en soit, ce n’était pas facile de quitter ma famille pour quelconque raison et pour une durée indéterminée, particulièrement lorsque mon fils me disait qu’il ne voulait pas que je parte encore. »

Une carrière en évolution

Le Bdr Reese s’est joint à la Force régulière de l’Armée canadienne en avril 2010 lorsqu’il avait 25 ans, après une solide base de connaissances militaires obtenues comme fier cadet de l’Air.

« Ma motivation de me joindre à l’Armée était toutes les occasions possibles que m’offraient les Forces armées canadiennes, » dit-il. « Croyez-le ou non, j’ai pu transférer dans l’Armée certaines connaissances que j’ai acquises dans les cadets. »

« Mon métier est l’artillerie. J’ai choisi ce métier parce que j’étais attiré par les différents types d’armes (du pistolet 9 mm jusqu’à l’obusier M777) et les véhicules (du véhicule civil jusqu’au VBL [véhicule blindé léger] 6) que l’artillerie a à offrir. »

Il ajoute, « Une autre chose qui a capté mon attention sont les différents domaines dans lesquels vous pouvez travailler. Vous pouvez travailler aux canons ou au poste de commandement, faire de la reconnaissance, piloter des drones pour faire de la surveillance et de l’acquisition de cible, être à la pointe de l’épée dans le poste d’observation ou être membre du contrôleur interarmées de la finale de l’attaque (CIFA) qui appelle l’appui aérien. »

Avec une longue liste d’affectations et une augmentation des responsabilités, notamment comme membre d’une équipe de pièce; comme chauffeur de nombreux véhicules, de l’ambulance aux véhicules blindées légers; comme signaleur au poste d’observation, chauffeur de véhicules de reconnaissance et technologue, le Bdr Reese continue de profiter de son cheminement de carrière.

Dans son poste actuel, il note : comme commandant adjoint de l’entrepôt du quartier-maître régimentaire, je dois communiquer avec tous les types de techniciens pour faire réparer l’équipement dès que possible afin que l’instruction se poursuive efficacement, mais je ne suis qu’un petit rouage d’une machine bien rodée. »

Militaires retraités et actuels dans la famille

Le Bdr Reese peut compter un certain nombre de membres de sa famille dans les FAC, d’hier et aujourd'hui.

« Un de mes arrière-grands-pères a pris part à la Première Guerre mondiale. Son nom est Walter Best. Il est né le 7 septembre 1895 et faisait partie de la Force expéditionnaire canadienne outremer, intégrée au 112e Bataillon. »

Un cousin et un des deux frères ainés du Bdr Reese se sont également joints aux FAC. Le caporal-chef Tim Reese est technicien en munitions à Gagetown et le caporal Steven Holmes est technicien en approvisionnement affecté au Navire canadien de Sa Majesté Montréal.

Réflexion sur la paternité

Après être devenu père, le Bdr Reese pense aux défis de son propre père.

« Je comprends mieux maintenant, plus qu’avant. Lorsque nous sommes jeunes, nous ne comprenons pas certaines choses. Tandis que nous vieillissons, les choses qui étaient floues quand nous étions enfants s’éclaircissent, » explique-t-il.

« Parfois, ces choses s’éclaircissent trop tard, et on doit travailler plus fort pour les régler. Mais ça fait partie de la vie et on ne cesse d’apprendre. »

Certains conseils de Shane sur une paternité future? « Faites preuve de compassion et soyez un ami, au besoin, et par-dessus tout, soyez un père. »

La fête des Pères est une journée réservée en l’honneur des pères et de la paternité. Elle est célébrée d’une façon quelconque partout dans le monde depuis le Moyen-âge. Établi le troisième dimanche de juin depuis environ 1908 en Amérique du Nord, c’est la journée pour passer du temps de qualité avec les grands-pères, les pères et autres membres de la famille masculins qui servent d’influence ou de mentor.

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