« Rapide, précise et alerte » – l’histoire du sergent Melissa Walcott, maman et militaire

Article / Le 10 mai 2019 / Numéro de projet : 19-0023

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Par le capitaine Nicholas Kaempffer, École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne

La fête des Mères rend hommage aux mères et aux figures maternelles ainsi qu’à leur influence sur la famille et la société. Depuis les années 1800, elle est célébrée chaque année dans plus de quarante pays, à des jours différents selon le pays.

Oromocto, Nouveau-Brunswick — Le sergent Melissa Walcott n’est pas simplement « une militaire comme les autres ». Cette mère de trois enfants, qui est constamment à la recherche de nouveaux défis pour se surpasser sur le plan mental et physique, réussit à maintenir un équilibre entre les exigences que demandent le fait d’être une militaire, une spécialiste des transmissions, une leader, une épouse, une mère et un modèle!

Elle occupe présentement le poste de sergent régimentaire des transmissions à l’École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne de la Base de soutien de la 5e Division du Canada (BS 5 Div CA) Gagetown et sa carrière mérite d’être racontée.

Elle est née le 14 mai 1980 à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse. Elle est mariée au caporal Ian Walcott, un technicien de groupes électrogènes qui est présentement affecté au 4e Régiment d’appui du génie, également à la BS 5 Div CA Gagetown.

Fière maman de trois enfants

Ils sont les fiers parents de trois enfants : Liam (15 ans), Abigail (8 ans) et Ryan (4 ans).

Avec 21 années de service dans les Forces armées canadiennes (FAC), cette militaire du rang supérieur a participé à des opérations nationales et internationales, elle a déménagé partout au Canada et elle a relevé les défis de trois groupe professionnel militaire (GPM) différents.

Réserviste de l’Armée à l’âge de 17 ans et envoyée sur les lieux de l’écrasement du vol de Swiss Air

Le Sgt Walcott s’est enrôlée dans la Réserve de l’Armée à l’âge de 17 ans en tant que soldat d’infanterie au sein du 1er Bataillon, Nova Scotia Highlanders. Elle a alors participé à deux opérations nationales, dont l’opération PERSISTENCE (1998), dans le cadre de laquelle elle a fait partie de l’équipe de recherche le long des berges pour le vol 111 de Swiss Air (qui s’est écrasé tragiquement dans la baie St. Margarets, en Nouvelle-Écosse, ne laissant aucun survivant).

Aide humanitaire pour les réfugiés du Kosovo

Elle a également pris part à l’opération PARASOL (1999), où elle a assuré la sécurité du camp des réfugiés du Kosovo qui ont été amenés au Canada dans le cadre d’un effort d’urgence international pour fournir de l’aide humanitaire.

Durant cette opération, le Sgt Walcott a eu l’occasion de travailler avec des équipes médicales. Comme elle était à la recherche d’un nouveau défi, elle a demandé un transfert au GPM Technicien médical.

« J’ai de la famille qui travaille dans le domaine médical et je me suis dit que ce serait bien de suivre ses traces pour mieux aider les autres », a-t-elle déclaré.

Transférée dans la Force régulière et elle choisit un troisième GPM

Pendant plusieurs années, le Sgt Walcott a occupé le poste de technicienne médicale en tant que réserviste à temps plein à l’hôpital de la BS 5 Div CA Gagetown. Puis, en 2003, elle a demandé un transfert dans la Force régulière, car elle souhaitait entreprendre de nouveaux défis. La sécurité d’emploi qui accompagnait ce changement lui plaisait également beaucoup.

C’est à ce moment qu’elle a de nouveau changé de GPM. Elle s’est jointe au Corps royal canadien des transmissions en tant qu’opératrice des transmissions (maintenant connu sous le nom de spécialiste des systèmes de communication et d’information de l’Armée).

Elle a travaillé dur pour incarner la devise Velox Versutus Vigilans (« Rapide, précis et alerte »), elle qui a enchaîné rapidement de nombreux cours et qui a par la suite enseigné des aptitudes de communications aux stagiaires du Centre d’instruction au combat à la BS 5 Div CA Gagetown.

Déploiement à l’opération ATHENA en Afghanistan

En 2007, elle est partie en déploiement à Kandahar, en Afghanistan, avec le 2e Bataillon, Groupement tactique du Royal Canadian Regiment dans le cadre de l’opération ATHENA, roto 3.

À son retour au Canada en 2007, le Sgt Walcott a été affectée à de nombreuses bases et unités, notamment au Régiment des transmissions interarmées des Forces canadiennes à Kingston, en Ontario, au Quartier général et Escadron des transmissions à Petawawa, en Ontario, et au 36e Régiment des transmissions à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Être une femme dans les FAC

On a souvent demandé au Sgt Walcott de parler de ses expériences dans les FAC, plus particulièrement en tant que femme.

« Lorsque je me suis enrôlée dans les Forces canadiennes, jamais je ne me suis vue comme une femme. Je ne comprenais pas ou je ne voyais pas ce que cela signifiait de façon globale. Pour moi, j’étais une militaire », a-t-elle déclaré.

« J’ai rapidement découvert les obstacles auxquels font face les femmes qui se trouvent dans un environnement dominé par les hommes, tant sur le plan mental que physique. Mais cela m’a aidé à grandir. J’ai appris à démontrer mes forces et à demander de l’aide au besoin ».

Les liens familiaux et les amitiés solides sont la clé de la réussite

En 2018, le Sgt Walcott a été affectée à la BS 5 Div CA Gagetown, endroit où elle et son conjoint militaire souhaitent terminer leur carrière, car leur réseau de familles continue de s’élargir.

Le Sgt Walcott a connu une carrière dynamique et diversifiée. Lorsqu’on lui a demandé ce qui la pousse à continuer, elle n’a pas hésité une seconde pour répondre – la famille et les amis.

« Je trouve la foi dans les amitiés que j’ai nouées avec les gens que j’ai rencontrés au cours de cette incroyable aventure des 19 dernières années », a mentionné le Sgt Walcott.

« Quand on doit déraciner sa famille tous les deux ou trois ans ou participer à un cours ou à un déploiement avec des gens qu’on ne connaît pas, il faut faire confiance aux autres. On apprend à s’ouvrir aux autres, à fournir du soutien et de l’aide. On côtoie des gens qui ont vécu les mêmes choses, qui ont entendu ou qui ont vu les mêmes choses (ou des choses semblables). »

« Ces amitiés sont solides et nous entretenons un lien que personne d’autre ne peut comprendre. Le réseau de soutien sur qui je peux compter durant les moments difficiles me permet de traverser les périodes difficiles », a-t-elle déclaré.

« Je suis allée à la guerre, j’ai vu des traumatismes … mais j’ai de la formation, des ressources et du soutien »

« Je suis allée à la guerre. On m’a tiré dessus. J’ai vu des traumatismes. Les gens n’ont pas idée des pertes que j’ai vécues, à l’étranger et ici au Canada. Mais j’ai eu accès à de la formation, à des ressources et au soutien nécessaire pour m’en sortir ».

Se trouver loin de la famille pour le service : le plus gros défi

« La chose la plus difficile du service militaire c’est d’être loin de sa famille! »

« En tant qu’épouse et mère de trois enfants qui travaille à temps plein, il est tellement difficile de trouver du temps pour apprécier ce que nous avons. On reçoit des appels pour un service à l’extérieur à tout moment et il y a une seule option possible : y aller », a mentionné le Sgt Walcott.

Dans tout ça, « Ce sont mes enfants, mon mari et ma famille qui me permettent de continuer. Ils me démontrent chaque jour que la vie vaut la peine d’être vécue, comment la vivre et que, lorsque les choses deviennent difficiles, il ne faut pas lâcher. Ils sont ma constance et je suis la leur »

Les défis mènent aux récompenses

« J’ai fait face à du négativisme et à des défis au fil des ans, mais j’ai aussi vécu de nombreuses expériences positives. J’ai fait des choses que je n’aurais jamais cru possible. Je suis allée dans des endroits que jamais je n’aurais cru voir. »

« Le service militaire m’a rendue forte. Je suis fière de mes réalisations. J’ai fait d’énormes sacrifices pour appuyer le Canada, mais je les ai faits parce que je le voulais. Les avantages l’ont certainement emporté sur les inconvénients. »

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