Un officier des transmissions bien entouré au sein de l’Armée canadienne à la suite d’une tragédie personnelle

Article / Le 27 février 2017 / Numéro de projet : 16-1008

Par Lynn Capuano, Affaires publiques de l’Armée

Remarque : pour visionner les photos additionnelles, veuillez cliquer sur la photo dans la galerie d'images.

Edmonton (Alberta) — Avant de monter dans l’avion pour aller suivre son cours d’instruction élémentaire de l’Armée canadienne il y a 13 ans, le capitaine Christopher Stobbs se rappelle avoir dû réconforter sa mère qui pleurait comme s’il partait à la guerre. Mais personne ne se doutait alors que la tragédie et le deuil étaient sur le point de frapper cette famille d’Edmonton d’un angle totalement différent.

Le Capt Stobbs se souvient de ce jour, le pire de sa vie, mais aussi de la façon dont sa famille militaire l’a soutenu à la suite du meurtre par balle de son frère le 6 octobre 2006. Encore aujourd’hui, le crime demeure non résolu.

« Ma mère m’a appelé pour me dire que mon frère venait d’être tué par balle à Edmonton. J’étais alors une jeune recrue et je venais d’être affecté à Ottawa. Mon unité a fait preuve d’un grand soutien à mon égard et envers ma famille durant cette période très difficile. »

« Lorsque j’ai reçu l’appel, je venais tout juste de commencer. Mes collègues ont pris les mesures nécessaires pour que je puisse rentrer auprès de ma famille le plus rapidement possible et m’ont donné le temps dont j’avais besoin pour souffler avant de revenir, poursuit-il. C’est l’une des choses que j’apprécie à propos de mon travail dans l’Armée. On y retrouve une véritable atmosphère de famille, où tout le monde est prêt à appuyer ses confrères et consœurs, dans les moments heureux comme dans les moments difficiles. »

« Les épreuves de vie ont une incidence sur la façon dont on réagit aux nouvelles situations », estime le Capt Stobbs, qui occupe les fonctions d'officier des transmissions au sein de la branche de planification des transmissions du Quartier général de la 3e Division du Canada.

« Je me suis enrôlé dans l’Armée canadienne en 2004 parce que je voulais un emploi en lien avec mon domaine d’études universitaires qui était à la fois exigeant et gratifiant », explique-t-il. Son diplôme en génie électrique de l’Université de l’Alberta, additionné à son instruction militaire, lui a été très utile, d’autant plus que la technologie informatique demeure la pierre angulaire des communications de l’Armée.

Le Capt Stobbs a pris part à un déploiement en Afghanistan en 2009 à titre de mentor auprès de l’organisation des transmissions de l’Armée nationale afghane. Il affirme que cette expérience a été très enrichissante sur le plan professionnel, mais est profondément attristé que certains membres de son équipe n’aient pas eu la chance de rentrer à la maison.

« L’un des moments m'ayant le plus marqué a été de pouvoir contribuer au processus d’immigration de mon interprète. Avec un peu de mon aide, il a pu venir au Canada avec sa famille quelques années après le déploiement, affirme-il avec satisfaction. Il m’a demandé de l’aider à remplir certains documents, ce que j’ai fait. Quelques années plus tard, il m’a envoyé une demande d’amitié sur Facebook. C’est comme ça que j’ai su qu’il avait réussi à immigrer au Canada avec sa famille. J’étais très heureux. C’était une bonne personne. Il a fourni des services d’interprète pour de multiples déploiements. »

Le Capt Stobbs a reçu la médaille du service Étoile de campagne générale – Asie du Sud-Ouest, la Décoration des Forces canadiennes pour 12 ans de service et, plus récemment, des médailles spéciales pour avoir entraîné et dirigé une équipe de la 3e Division du Canada pour la Marche de Nimègue 2016, l’édition centenaire de cette épreuve éreintante de 4 jours.

Tous les participants qui réussissent la marche reçoivent une médaille individuelle, mais seules les équipes qui la terminent avec 90 % de leurs membres reçoivent le très convoité prix d’équipe. L’équipe du Catp Stobbs a franchi la ligne d’arrivée avec 100 % de ses membres, ne laissant personne derrière.

« Nous avons passé 7 mois à nous entraîner ensemble et avons dû endurer des conditions météorologiques peu enviables durant la marche. Mais c’était une expérience très enrichissante », soutient-il. Pendant son séjour en France, il en a profité pour visiter le Monument commémoratif du Canada à Vimy avec le contingent des Forces armées canadiennes (FAC).

Chaque année, le contingent des FAC à la Marche de Nimègue représente tous les grades, tous les métiers et toute la diversité de l’organisation militaire canadienne.

Le Capt Stobbs se porte en outre régulièrement volontaire pour promouvoir l’Armée et les FAC dans sa collectivité et dans le cadre de diverses activités militaires à titre de coprésident militaire du Groupe consultatif des minorités visibles de la Défense (GDMVD) à la Base de soutien de la 3e Division du Canada Edmonton.

Il appuie les FAC de diverses façons, notamment en assistant à des cérémonies de citoyenneté pour les nouveaux Canadiens. « J’ai assisté à 5 ou 6 cérémonies ici à Edmonton. Ma présence donne une impression différente du militaire typique, en particulier pour les gens qui viennent tout juste de devenir citoyens canadiens. Ils peuvent voir qu’il y a beaucoup de diversité et différentes origines ethniques au sein de l’organisation militaire canadienne. Ces gens d’autres pays découvrent alors une option à laquelle ils n’avaient peut-être pas pensé, en réalisant que le service militaire est possible pour eux aussi. » Le Capt Stobbs a donné des discours lors de certaines cérémonies, tandis qu’il était simplement présent pour accueillir les nouveaux citoyens dans d’autres cérémonies.

Né à Edmonton de parents Jamaïcains, il a une sœur qui habite à Ontario et un autre frère qui réside en Colombie-Britannique. Il est également papa d’un garçon de 9 ans qu’il appelle affectueusement « M. Caractère ».

« L’exemple parfait de son petit caractère? Un jour, je reviens à la maison et je lui demande ce qu’il a fait à l’école aujourd’hui. Il me regarde comme si j’étais un extraterrestre et me répond : la même chose que tu faisais quand tu étais en deuxième année. »

Le Capt Stobbs  est l’entraîneur de l’équipe de soccer communautaire de son fils depuis quelques années.

Il donne des conférences animées dans les écoles de la région et aime parler de son expérience militaire lors de cérémonies du jour du Souvenir et autres. « Je fais ce que je peux pour établir des liens avec la collectivité », explique-t-il.

« Il arrive que des jeunes viennent me voir pour me dire qu’ils pensent à se joindre à l’armée et qu’ils apprécient ce que je fais. Ça fait toujours chaud au cœur. »

Bien qu’il affirme ne pas avoir vécu de problèmes de racisme ou de discrimination majeurs, le Capt Stobbs croit en l’importance de la sensibilisation et de l’éducation sur la diversité. « Je suis un grand défenseur du GDMVD. J’en faisais partie à Suffield et j’ai continué quand je suis arrivé à Edmonton, parce que je sais que d’autres personnes vivent ce genre de difficultés. Je suis l’un des chanceux à avoir été épargné tout au long de ma carrière militaire. »

« Quand je vis un coup dur, je compare cette épreuve au jour où j’ai perdu mon frère. Jusqu’à maintenant, rien n’a été pire que ça pour moi. »

« Les 13 dernières années ont été très enrichissantes. Mon travail avec l’Armée à titre d’officier des transmissions m’a permis de côtoyer plein de gens extraordinaires, militaires et civils. J’ai vraiment de la chance. »

Notes historiques sur la Jamaïque

La Jamaïque, située dans les Caraïbes, est la troisième île en importance des grandes Antilles. Elle est devenue une démocratie parlementaire en 1962, sous le règne d'Elizabeth II. Elle a été conquise par l’Espagne en 1494, avant d’être prise par l’Empire britannique en 1655. Les peuples indigènes Arawak et Taíno, décimés par la guerre, la maladie et l’esclavage, avaient pratiquement complètement disparu en 1600. De nos jours, les Jamaïcains sont principalement de descendance africaine, mais aussi européenne, chinoise hakka et indienne orientale. L’esclavage a commencé durant le règne espagnol et s’est poursuivi jusqu’en 1838. Aujourd’hui, la Jamaïque est une nation en plein essor, dont l’économie est majoritairement basée sur le tourisme et l’exploitation minière.

Pour commenter cet article, rendez-vous dans la section Articles de la page Facebook de l’Armée canadienne.

Date de modification :