Une forte officier de l’artillerie devient une de seulement deux femmes au commandement d’une batterie au Canada

Article / Le 12 juin 2019 / Numéro de projet : 19-0134

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Écrit par Ashley Materi, affaires publiques de la 3e Division du Canada, à l’aide de dossiers des affaires publiques de l'Armée

Shilo, au Manitoba — Lorsqu’elle deviendra commandant de la batterie de commandement de la Base des Forces canadiennes (BFC) Shilo, le major Melissa Marshall deviendra l’une des deux femmes au commandement d’une batterie au Canada.

Prenant la relève du major Greg Keach en août 2019, elle s’occupera de tout, de la discipline à l’administration, afin de s’assurer que les soldats soient prêts aux déploiements.

Histoire des femmes dans les armes de combat

Les Forces armées canadiennes (FAC) étaient l’une des premières armées dans le monde à ouvrir l’ensemble de ses postes, y compris les rôles de combat, aux femmes.

Le fait de commencer à accepter les femmes dans les armes de combat en 1989 a permis d’augmenter le bassin de recrutement d’environ 100 pour cent.

Les armes de combat sont les quatre branches axées sur le combat de l’Armée canadienne : l’arme blindée, l’artillerie, l’infanterie et le génie. Chacune a maintenant un petit, mais puissant contingent de femmes, notamment le Maj Marshall, officier d’artillerie.

Début de carrière du Maj Marshall

Immédiatement après l’obtention de son diplôme en 2007 à l’Université St. Thomas à Fredericton (Nouveau-Brunswick) en sciences politiques, le Maj Marshall se joint à l’Armée canadienne. Elle termine son instruction d’officier d’artillerie l’année suivante puis elle est affectée à l’École du Régiment royal de l’Artillerie canadienne à Gagetown (Nouveau-Brunswick).

C’est là, dans la grande base militaire de la petite province maritime, que le Maj Marshall reçoit sa qualification d’officier observateur avancé. Par la suite, elle pouvait travailler au sein d’une équipe de combat, formulant des conseils sur les manœuvres offensives et défensives pour s’assurer d’avoir des tirs d’artillerie sécuritaires et tactiques.

Une condition physique exceptionnelle fait partie du plan de réussite

Dans un domaine où il y a moins de 10 pour cent de femmes, les idées fausses peuvent rendre le travail plus difficile pour une femme. Le Maj Marshall dit que cela l’a inspiré à aller plus loin pour faire ses preuves sur le plan physique. Elle a commencé l’entraînement aux poids et elle est devenue passionnée de conditionnement physique, d’exercice et de nutrition.

« Je me pousse constamment à être plus forte, plus rapide et meilleure, » explique-t-elle. « Le conditionnement physique m’enseigne à concentrer mon esprit et à dépasser les limites perçues. »

Le Maj Marshall continue de repousser son corps aux extrêmes, qu’il s’agisse d’ouvrir une piste avec de la neige jusqu’à la taille tout en transportant un sac à dos de 150 livres pour terminer la Marche de la mort commémorative de Bataan de 42 km au champ de tir de missiles White Sands au Nouveau-Mexique.

Accroître sa résilience mentale est la clé de la réussite

Vous devez être en bonne forme physique pour accomplir ces exploits, mais le Maj Marshall croit que la résilience mentale est tout aussi importante.

Des stratégies comme l’autopersuasion positive, se fixer des objectifs précis pour chaque entraînement et se concentrer sur le fait que le corps humain est incroyable lorsqu’il est bien alimenté et entraîné l’ont aidé à la propulser pour surmonter les obstacles sur son chemin.

« Tant que votre cœur et votre esprit font toujours partie du cheminement, votre corps suivra, » dit-elle.

Déploiement en Afghanistan

En 2013, le Maj Marshall est déployée dans le cadre de l’opération ATTENTION Roto 3 à Kabul.

Il s’agissait de la contribution des FAC à la mission de formation de l’OTAN en Afghanistan (MFO-A), qui visait à apporter un soutien en matière d’instruction et de perfectionnement professionnel aux forces de sécurité nationale de l’Afghanistan.

En tant que capitaine-adjudant de la force opérationnelle, elle a coordonné l’administration tout en formulant des conseils administratifs et disciplinaires au commandant de l’élément de soutien de commandement national, le centre de commandement et de contrôle pour les membres des FAC en Afghanistan.

Cet élément était un point central pour la sécurité, les séances de mentorat entre les soldats canadiens, les soldats afghans et les forces de police afghanes, et les efforts de gouvernance à Kaboul.

Un jour, elle avisait le commandant lorsque des soldats commettant des écarts de conduite devaient subir un procès sommaire; le jour d’après, elle était maître de cérémonie pour un défilé commémoratif du 11 sept dirigé par les États-Unis; et le jour qui suit, elle effectuait des  champs de tir réel avec des membres des forces d’opérations spéciales du Canada encadrant leurs homologues afghans.

La « meilleure partie » était l’interaction avec les civils afghans

Selon le Maj Marshall, la meilleure partie était l’interaction avec les civils afghans. Les forces de la MFO-A étaient présentes pour assurer un soutien et la sécurité aux Afghans, et les rencontres avec les habitants permettaient aux soldats de connaître les personnes qui profitaient le plus d’une meilleure stabilité. Des contacts réguliers permettaient également aux citoyens d’entretenir des relations amicales avec le personnel militaire.

À cette fin, le camp Phoenix, la base militaire de l’OTAN où elle travaillait, organisait un marché mensuel installé par les femmes et enfants afghans.

Pendant sa mission de près de sept mois, son « désir a changé, et au lieu d’acheter des écharpes, elle voulait leur redonner quelque chose, même si c’était peu. »

Le Maj Marshall a commencé à ramasser certains articles en vrac envoyés d’outre-mer, y compris du shampoing, du déodorant et du dentifrice. Elle apportait aussi des collations à donner aux enfants.

« Un jour, j’ai demandé à une femme si je pouvais donner une sucette glacée à sa fille. Elle a répondu oui, m’a serré dans ses bras et a pleuré. Elle ne parlait pas anglais, mais sa fille a traduit qu’elle était émotionnelle parce qu’elle n’aurait jamais pu offrir quelque chose comme ça à sa fille, » se souvient-elle.

Le Maj Marshall n’a pas vraiment dormi cette nuit-là.

« C’est incroyablement triste de penser qu’il y a des enfants dans le monde qui ne seront jamais en mesure d’apprécier quelque chose d’aussi simple qu’une sucette glacée par une journée chaude, » dit-elle.

« Ça a toujours retenu mon attention, parce que vous ne réalisez jamais à quel point vous menez une bonne vie jusqu’à ce que vous voyez comment la vie ‘se passe de l’autre côté’ »

Affectations au pays

Le Maj Marshall est le chef de cabinet du commandant de la 3e Division du Canada depuis 2017.

Le rôle, essentiel aux opérations quotidiennes du groupe de commandement, l’a en grande partie éloigné du terrain pour les deux dernières années.

Cela changera en août 2019 lorsque le Maj Marshall deviendra commandant de la Batterie de commandement responsable du fonctionnement du groupe d’artillerie, à la BFC Shilo.

À l’été 2019, la 3e Division du Canada sera en phase du niveau de préparation élevée, prête à être déployée en Europe, au Moyen-Orient et au pays.

En tant que l’une des deux femmes au commandement d’une batterie au Canada, elle est honorée d’avoir l’occasion d’être un modèle de leadership qui peut inspirer les soldats.

L’autre femme au commandement d’une batterie au Canada, le major Carla Brumpton, sera commandant de la Batterie Y du 2e Bataillon, Royal Canadian Horse Artillery à Petawawa (Ontario), à l’été 2019.

« Qu’il s’agisse de leur résilience physique ou mentale, je veux montrer aux gens que je suis responsable de ça et que je veux absolument faire partie de leur vie, » ajoute le Maj Marshall.

« Je célébrerai leurs réussites et les aiderai à traverser les épreuves. »

Cet article a été publié à l’origine sur le blogue New Atlanticist de l’Atlantic Council le 2 avril 2019. Ashley Materi est un officier des affaires publiques pour le ministère de la Défense nationale et a récemment terminé un stage à la Division de la diplomatie publique, à l’OTAN.

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